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Bericht in "Le Matin" vom 28. März
2003

Touristes
disparus : la piste terroriste ?
Une cellule de crise immédiatement mise en place
continue à gérer cette affaire. Toutes les hypothèses échafaudées
au sujet de cette disparition ont fini par être écartées. Reste
la piste terroriste, car la région où ont été localisés pour la
dernière fois ces touristes est réputée zone à risques en raison
de la présence d'hommes armés affiliés au GSPC de Hassan Hattab,
un groupe lié à Al Qaïda d'Oussama Ben Laden qui tente d'établir
ses bases dans la zone sahélo-maghrébine pour compenser la destruction
de ses réseaux en Somalie et en Afghanistan après le 11 septembre.
L'énigme qui entoure la disparition de onze
touristes européens dans le Sahara algérien demeure entière. Les
recherches déclenchées il y a cinq semaines par les autorités algériennes
n'ont abouti à aucun résultat, accentuant ainsi les interrogations
mais aussi les doutes qui entourent l'affaire. Au point que certains
médias étrangers n'hésitent plus à laisser entendre la possibilité
d'un enlèvement opéré par des terroristes algériens du GSPC lié
à Al Qaïda qui chercherait vraisemblablement à établir ses bases
dans la zone où a été signalée cette disparition.
Mais remontons d'abord aux faits. Tout commence
le 21 février dernier lorsque les familles des touristes décident
d'alerter les responsables de leurs pays respectifs pour leur faire
part de leur inquiétude au sujet de leurs proches dont ils disent
être sans nouvelles depuis plusieurs jours. Les onze personnes sont
de nationalités différentes : six Allemands, un Néerlandais et quatre
Suisses. Les derniers forment un groupe distinct sans lien apparent
avec le premier. Selon les informations fournies par leurs familles
au ministère suisse des Affaires étrangères, les quatre Suisses
en question, de jeunes personnes parmi lesquelles des étudiants,
ont été localisés pour la dernière fois dans la région de Bordj
Omar Driss à proximité des frontières tunisiennes et libyennes.
Selon des sources diplomatiques citées hier par l'AFP, ils voyageaient
à bord d'un véhicule tout terrain et avaient comme objectif de se
rendre de Ouargla à Illizi en empruntant la piste difficile de Belbgour
et Oued Semen. En revanche, les Allemands, parmi eux quatre motards,
ainsi que le Néerlandais tentaient, quant à eux, de rejoindre Ouargla
en passant par Illizi. Ont-ils emprunté à leur tour la piste dangereuse
que les Suisses projetaient de suivre ? Nul n'est en mesure de le
dire aujourd'hui. Les onze personnes ont disparu sans laisser de
trace. Mais leur disparition n'est annoncée que le 17 mars par l'agence
de presse officielle APS. Informées trois semaines plus tôt de la
disparition, les autorités suisses et allemandes ont depuis longtemps
entrepris tous les contacts nécessaires auprès de leurs homologues
algériens afin que le nécessaire soit entrepris pour retrouver leurs
compatriotes. Une cellule de crise est immédiatement mise en place
pour gérer l'affaire et le ministère suisse des Affaires étrangères
informe même les journalistes que les Algériens ont mis en place
tous les moyens nécessaire afin que tous les touristes soient retrouvés.
Il précise que des véhicules tout terrain et des hélicoptères ont
été mobilisés dans le cadre des recherches. Récemment, le ministère
allemand des Affaires étrangères indiquait, pour sa part, que l'ambassade
d'Allemagne en Algérie avait pris contact avec les autorités du
pays mais que ces recherches n'avaient encore abouti à aucun résultat.
Pas une trace des onze disparus. Selon l'AFP qui revenait hier encore
sur l'affaire, cette disparition laisse « perplexes » des diplomates
interrogés par l'agence. Des diplomates « contraints à échafauder
toutes les hypothèses possibles, y compris un éventuel enlèvement
dont nous ne comprenons d'ailleurs pas le motif () Onze personnes
avec les véhicules et tout le matériel, ça laisse des traces, ils
ne peuvent pas se volatiliser comme cela () Toutes les hypothèses
sont évoquées sans qu'aucune puisse être étayée à ce jour par une
quelconque certitude ».
Toutes les possibilités ont pourtant été passées
en revue, y compris celle consistant à supposer que ces onze touristes
aient pu faire partie d'un groupe de pilleurs spécialisés dans le
vol des vestiges archéologiques dont regorge la région. Mais l'hypothèse
est rapidement écartée par les enquêteurs forcés de constater que
ces touristes sont des habitués du Grand Sud algérien et que leurs
noms ne figurent pas parmi les personnes recherchées pour pillage.
Rien n'indique non plus que ces onze personnes aient été enlevées
par des contrebandiers, nombreux dans la zone où elles ont été localisées
pour la dernière fois. Les recherches demeurent vaines en dépit
des gros moyens engagés pour la circonstance. Et l'appréhension
se fait plus grande lorsque l'on apprend que même les hélicoptères,
pourtant équipés d'appareils capables de repérer des corps ou des
engins enfouis sous terre, échouent dans leur entreprise.
Reste alors cette dernière hypothèse, terrible
si elle venait à se vérifier, d'un enlèvement entrepris par les
hommes du redoutable Belmokhtar, « émir » d'un groupe terroriste
affilié au GSPC demeurant introuvable depuis des années dans l'immensité
du désert. Le très sérieux journal suisse Le Temps et même l'AFP
n'hésitent plus à présent à signifier ouvertement que des terroristes
sont établis dans la région où ont disparu les onze touristes. Le
groupe armé de Hassan Hattab est lui-même directement lié à l'organisation
terroriste d'Oussama Ben Laden qui se sert actuellement du GSPC
pour déployer des bases d'Al Qaïda dans la zone sahélo-maghrébine
suite à la destruction de ses réseaux en Somalie et en Afghanistan.
L'information n'est un secret pour personne aujourd'hui et a été
rendue publique y compris par l'APS à l'occasion de la mort d'un
représentant d'Al Qaïda en Algérie spécialement dépêché par Oussama
Ben Laden pour réactiver le GSPC. Abdelwahab Adel Alwan, surnommé
Abou Mohamed, a été abattu le 12 septembre dernier à Merouana, dans
la wilaya de Batna, après avoir séjourné plusieurs mois dans les
maquis algériens dont celui du sud du pays où il a rencontré l'«
émir » Belmokhtar. Ce même terroriste qui avait contraint, il y
a quelques années, les organisateurs du rallye Paris-Dakar à changer
d'itinéraire en raison des menaces proférées à l'encontre des coureurs.
Après les évènements du 11 septembre, un responsable du département
d'Etat américain avait d'autre part fait état de l'existence d'une
surveillance toute particulière dans la zone sahélo-maghrébine où
Oussama Ben Laden tente d'établir ses bases.
Se peut-il alors que ce groupe terroriste puisse
avoir un lien avec la disparition des onze touristes européens,
ce qui expliquerait le mystère que les autorités algériennes maintiennent
sur l'affaire ?
Abla Chérif
30-03-2003
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Deutsche Übersetzung
Verschwundene Touristen: Terroristen-Piste?
Diese Angelegenheit wird weiterhin von einem Krisenstab
verfolgt, der unverzüglich eingesetzt wurde. Alle Hypothesen, die
im Zusammenhang mit dem Verschwinden der Touristen aufgestellt wurden,
sind inzwischen wieder verworfen worden. Übrig bleibt die Terroristenpiste,
denn die Gegend, in der diese Touristen das letzte Mal gesichtet
wurden, hat den Ruf eines Risikogebietes, weil es dort Bewaffnete
gibt, die der GSPC von Hassan Hattab angehören, einer Gruppe, die
mit Al Kaida von Ossama Bin Laden in Verbindung steht. Letzterer
versucht, seine Basislager in der Sahel-Maghreb-Zone aufzubauen,
als Ersatz für die nach dem 11. September zerstörten Netze
in Somalia und Afghanistan.
Das Rätsel um das Verschwinden von elf europäischen
Touristen in der algerischen Sahara bleibt bestehen. Die vor fünf
Wochen von den algerischen Behörden ausgelösten Recherchen haben
bisher zu keinem Ergebnis geführt, so dass zum einen die Befragungen
intensiviert werden, zum anderen jedoch auch immer mehr Zweifel
in dieser Angelegenheit erwachsen. Zumal in einigen ausländischen
Medien inzwischen die Möglichkeit einer Entführung durch algerische
Terroristen der mit Al Kaida verbundenen GSPC erwähnt wird. Wahrscheinlich
versuche Al Kaida in dem Gebiet, in welchem die Touristen verschwunden
sind, seine Basislager zu errichten.
Aber kehren wir zunächst zu den Fakten zurück. Alles
beginnt am 21. Februar dieses Jahres, als die Familien der Touristen
beschliessen, die Verantwortlichen ihrer jeweiligen Länder über
die Ungewissheit des Verbleibs ihrer Angehörigen zu verständigen.
Sie hätten seit Tagen keinerlei Nachricht von ihnen erhalten. Die
elf Personen haben verschiedene Nationalitäten: sechs Deutsche,
ein Holländer und vier Schweizer. Letztere bilden eine unabhängige
Gruppe ohne sichtbare Verbindung zu den anderen. Gemäss den Informationen,
die die Familien dem Schweizerischen Ministerium für Ausländische
Angelegenheiten liefern konnte, sind die vier betreffenden Schweizer,
junge Leute, teilweise Studenten, zum letzten Mal in der Region
von Bordj Omar Driss geortet worden, in der Nähe der tunesischen
und libyschen Grenzen. Laut diplomatischen Quellen, die gestern
von der AFP zitiert wurden, reisten sie mit einem Geländefahrzeug
und hatten vor, sich von Ouargla nach Illizi zu begeben, über die
schwierige Piste von Belbgour (auch bekannt als Hassi Bel Gebbour)
und Oued Semen (auch bekannt als Oued Samene). Die Deutschen dagegen,
unten ihnen vier Motorradfahrer, und der Holländer versuchten, über
Illizi nach Ouargla zu gelangen. Haben sie ebenfalls die schwierige
Piste benutzt, die die Schweizer fahren wollten? Niemand kann das
heute sagen. Die elf Personen sind verschwunden, ohne Spuren zu
hinterlassen. Aber ihr Verschwinden wurde von der offiziellen Presseagentur
APS erst am 17. März veröffentlicht. Die schweizerischen und deutschen
Behörden, die bereits drei Wochen vorher von dem Verschwinden informiert
waren, haben sich schon lange mit allen Stellen bei den entsprechenden
algerischen Behörden in Verbindung gesetzt, damit die notwendigen
Massnahmen eingeleitet würden, um die Landsleute zu finden. Es wird
sofort ein Krisenstab eingesetzt, um diese Angelegenheit zu verfolgen,
und das Schweizerische Ministerium für Auswärtige Angelegenheiten
informiert sogar die Journalisten, dass die Algerier alle erforderlichen
Mittel nutzen würden, um alle Touristen zu finden. Er sagt, man
habe im Rahmen der Suche Geländefahrzeuge und Helikopter eingesetzt.
Kürzlich gab das Deutsche Ministerium für Auswärtige Angelegenheiten
an, dass die Deutsche Botschaft in Algerien mit den Behörden des
Landes Kontakt aufgenommen habe, aber dass die Recherchen bisher
zu keinem Ergebnis geführt hätten. Keine einzige Spur von den elf
Verschwundenen. Laut der AFP, die gestern diese Angelegenheit nochmals
aufgriff, seien die von der Agentur befragten Diplomaten "perplex"
hinsichtlich dieses Verschwindens. Die Diplomaten sind "gezwungen,
alle denkbaren Hypothesen aufzustellen, einschliesslich einer eventuellen
Entführung, für die es allerdings bisher keinen Grund gibt - elf
Personen mit den Fahrzeugen und dem ganzen Material, das hinterlässt
Spuren, sie können sich nicht einfach in Luft auflösen - alle Hypothesen
werden in Erwägung gezogen, ohne dass bisher eine davon mit einer
gewissen Wahrscheinlichkeit untermauert werden könnte".
Inzwischen hat man alle Möglichkeiten Revue passieren
lassen, einschliesslich jener, dass die elf Touristen einer Gruppe
von Plünderern angehört haben könnten, spezialisiert auf den Diebstahl
von archäologischen Überresten, die in dieser Region reichlich vorhanden
sind. Die Hypothese wurde schnell verworfen, als die Untersuchenden
feststellen mussten, dass diese Touristen schon häufig im Grossen
Süden Algeriens gereist sind und ihre Namen nicht auf der Liste
der Personen erscheint, die wegen Plünderei gesucht sind. Auch weist
nichts darauf hin, dass die elf Personen von Schmugglern entführt
worden seien, wovon es sehr viele gibt in der Region, in der die
Touristen zuletzt geortet wurden. Trotz der erheblichen eingesetzten
Mittel für die Suche bleibt diese erfolglos. Und die Besorgnis wächst
noch mehr, als man erfährt, dass sogar die Hubschrauber, mit Geräten
ausgestattet, die sogar im Boden vergrabene Körper oder Motoren
erkennen können, in ihrem Unternehmen scheitern.
Es bleibt also diese letzte Hypothese, schrecklich
wenn sie sich bewahrheiten würde, einer Entführung durch die Männer
des gefürchteten Belmokhtar, "Emir" einer zur GSPC gehörenden
Terroristengruppe, seit jahren in der immensen Weite der Wüste unauffindbar.
Die sehr seriöse Schweizer Zeitung "Le Temps" und sogar
die AFP zögern momentan nicht mehr, offen darauf hinzuweisen, dass
sich in der Region, in welcher die elf Touristen verschwunden sind,
Terroristen etabliert haben. Die bewaffnete Gruppe von Hassan Hattab
ist direkt mit der terroristischen Organisation von Ossama Bin Laden
verbunden, der sich derzeit der GSPC bedient, um nach der Zerstörung
seiner Netze in Somalia und in Afghanistan Al Kaida-Basen in der
Sahel-Maghreb-Zone aufzubauen. Diese Information ist heute für niemanden
ein Geheimnis und wurde unter anderem von der APS veröffentlicht
anlässlich des Todes eines Al Kaida-Vertreters in Algerien, der
von Ossama Bin Laden speziell damit beauftragt war, die GSPC neu
zu aktivieren. Abdelwahab Adel Alwan, Spitzname Abou Mohamed, wurde
am 12. September des vergangenen Jahres in Merouana, gefangengenommen,
in der Wilaya von Batna, nachdem er sich mehrere Monate in den algerischen
Lagern aufgehalten hatte, und zwar in denen im Süden des Landes,
wo er den "Emir" Belmokhtar getroffen hatte. Eben diesen
Terroristen, der vor einigen Jahren die Organisatoren der Rallye
Paris-Dakar gezwungen hatte, die Fahrstrecke zu ändern aufgrund
von Drohungen gegen die Fahrer. Nach den Ereignissen des 11. September
hatte andererseits ein Verantwortlicher des amerikanischen Staatsministeriums
angegeben, dass es eine ganz besondere Überwachung gebe in der Sahel-Maghreb-Zone,
wo Ossama Bin Laden versuche, seine Basen aufzubauen.
Könnte es also sein, dass es eine Verbindung geben
könnte zwischen dieser terroristischen Gruppe und dem Verschwinden
der elf europäischen Touristen, was das Mysterium erklären würde,
das die algerischen Behörden um diese Angelegenheit herum aufrecht
erhalten?
Abla Chérif
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